Introduction

Comme promis, je propose de faire un tutorial expliquant un peu les principes de base d’un appareil photo réflexe pour pouvoir faire des photos un peu plus élaborées. Car ne nous le cachons pas, nous avons tous acheté notre premier réflexe pour faire des photos « pro ». Mais entre la prise de vue et le rendu final, il y aura quelques étapes à suivre pour arriver à des résultats satisfaisants. Je dois même avouer que de prendre une photo brute avec un réflexe sera de moins bonne qualité qu’une photo prise à la volée avec un compact.

Mais tout d’abord, quelles sont les différences entre compact, bridge et réflexe ? (Nous ne parlerons pas des autres formats existant qui sont réservés aux professionnels vu les prix pratiqués… supérieurs à 50 000 €)

Introduction compact jacksonville photographer tutorialCompact

Compact Sony Lumac photographer jacksonville

On nomme compact un appareil….compact ! C’est-à-dire capable de tenir dans la poche, avec un zoom intégré qui se replie entièrement dans le boitier lorsqu’on éteint l’appareil.

Introduction reflexe jacksonville photographer tutorialRéflexe

reflexe A77 jacksonville photographer tutorial

Un réflexe est un appareil photo dont l’objectif est interchangeable. On le nomme ainsi parce que sa vitesse de prise de vue maximale extrêmement rapide (1/4000 s pour les plus performants). La seconde différence va être le viseur. Ici, on voit directement à travers l’objectif grâce à un miroir dans le boitier (miroir qu’on aperçoit lorsque on change l’objectif et qui aide aussi à protéger le capteur contre les poussières).

Introduction bridge jacksonville photographer tutorialBridge

Introduction bridge jacksonville photographer tutorial

Finalement, le bridge fait le « pont » (bridge = pont en anglais) entre le compact et le réflexe. L’objectif y est massif mais non changeable.

Paramètres

Maintenant, une petite question : qu’est-ce qu’on entend par « photo pro » ? 90% des non-initiés à la photo répondront : le « flou en arrière-plan» pour les portraits et la « netteté de l’image » pour les paysages. Si le réflexe est spécialisé dans ces 2 domaines, les autres appareils peuvent le faire aussi, mais à condition de savoir renter au fin fond des menus et de savoir exactement ce que l’on fait. Donc oui, ici c’est bien de réglages de l’appareil dont on va parler dans un premier temps. Pouvoir faire une belle photo, c’est savoir jongler sur 3 paramètres (oui, juste 3… on en inclura quelques autres plus tard, mais qui seront largement secondaires) :

– La vitesse de prise de vue
– L’ouverture de l’objectif (la quoi ???)
– Les ISO du capteur (les quoi ??)

Ne vous inquiétez pas, j’explique tout ça de suite.

 

Vitesse / Ouverture / ISO

Introduction speed vitesse temps de pose lumac photographer jacksonville Vitesse de prise de vue

Commençons par le plus simple: la vitesse de prise de vue, aussi dénommée temps d’exposition, temps de pose ou vitesse d’obturation. C’est le temps pendant lequel la lumière pourra entrer dans le capteur pour « imprimer » le signal. Sur les réflexes, ce temps peut aller de 1/4000 s à 30 s. On rajoute à cela un mode dit « Bulb » qui permet d’aller jusqu’à plusieurs minutes.

Image high speed vitesse lumac photographer jacksonville

Ici le but est de figé le mouvement, donc avoir un temps de pose très faible

 

Introduction low speed  lumac photographer jacksonville

Ici à l’inverse, le but est d’avoir un temps d’exposition de plusieurs secondes pour donner un effet vaporeux à l’eau

 

Introduction ouverture aperture diaphragme lumac photographer jacksonville Ouverture

Ca y est, rentrons dans le vif du sujet ! Un objectif est composé de plusieurs lentilles qui bougent les unes par rapport aux autres pour pouvoir faire la mise au point (je ferai un chapitre sur la mise au point plus tard). On y trouve aussi un diaphragme qui est capable de s’ouvrir ou de se fermer plus ou moins.

Introduction schéma d'ouverture d'un diaphragme d'appareil photo lumac photographer jacksonville

En modifiant cette ouverture, nous pouvons modifier :

– la quantité de lumière arrivant sur le capteur ;
– la profondeur de champ, c’est-à-dire la distance sur laquelle l’image sera nette. (On parlait du flou d’arrière-plan tout à l’heure… vous commencez à vous douter que ce diaphragme aura une grande importance à jouer).

Photo de faible profondeur de champs bokeh lumac photographer jacksonville

Le diaphragme ici est ouvert ce qui permet d’avoir l’ampoule nette et le fond plus flou.

Photo de grande profondeur de champs pour landscape lumac photographer jacksonville

A l’opposé, le diaphragme ici était assez fermé donnant une zone nette depuis les rocher du premier plan jusqu’au poteau en plein mer.

On repère sur l’objectif l’ouverture maximale du diaphragme. Par exemple, quand on parle d’un objectif 18-55 f/3.5-5.6, ça signifie qu’à 18 mm, le diaphragme est capable de s’ouvrir à un maximum de 3.5 et à 55 mm il est capable d’aller jusqu’à 5.6. Vous allez me dire que c’est bien beau ces chiffres, mais que ça ne vous évoque rien !

Première notion qu’il va falloir apprendre : plus le chiffre de l’ouverture est PETIT, plus le diaphragme est OUVERT. À l’inverse, plus le chiffre de l’ouverture est GRAND, plus le diaphragme est FERMÉ. On reviendra sur les différentes ouvertures dans un chapitre sur la composition de l’image.

Introduction sur les iso ISO

Dernier paramètre à prendre en compte ; les ISO. C’est la sensibilité du capteur qui permettra de réduire les temps de pose dans certain cas. Attention toutefois à ne pas en abuser car il crée rapidement du bruit numérique sur l’image.

Il y a une corrélation très forte entre temps d’exposition et ouverture, on parle du couple ouverture/vitesse. Pour bien comprendre, faisons une comparaison avec un exemple de la vie de tous les jours : remplir un verre d’eau ! Posons les hypothèses suivantes : le temps d’exposition sera le temps où vous laissez le verre sous le filet d’eau, la taille du filet d’eau sera l’ouverture du diaphragme.
Très rapidement, on se rend compte que si l’eau coule 2 fois plus fort, il faudra laisser 2 fois moins longtemps pour remplir le verre. Traduisons en remplaçant juste 3 choses : on se rend compte que si l’ouverture est 2 fois plus grande il faudra laisser 2 fois moins longtemps pour avoir la bonne exposition.

Si le verre déborde, la photo sera surexposée. Si le verre est à moitié rempli, la photo sera sous-exposée.

En ce qui concerne les ISO, on peut l’apparenter à la taille du verre. Plus le chiffre des ISO est grand, plus le verre est petit.

Toute modification d’1 cran sur la vitesse, ouverture ou ISO nécessite la modification dans l’autre sens d’un des 2 autres paramètres.

Donnons un exemple : une photo est bien exposée avec les paramètres suivants : Vitesse 1/500 – Ouverture f/4 – ISO 100
Nous pourrons avoir une photo exposée de LA MÊME MANIÈRE avec :

Vitesse 1/1000 – ouverture f/4 – Iso200
Vitesse 1/1000 – ouverture f/5.6 – Iso 100
Vitesse 1/500 – ouverture f/5.6 – iso 200

NB: je parle d’ouverture en utilisant la lettre « f ». Attention, cela n’a rien avoir avec la focale.

C’est donc le photographe qui pourra faire son choix en fonction de ce qu’il veut photographier. Doit-il privilégier un temps de pose rapide ou long ? Doit-il avoir une profondeur de champ longue ou courte ?

En jouant avec ces 3 paramètres, ouverture/vitesse/ISO (débit d’eau/vitesse/taille du verre) il sera possible de reproduire n’importe quel autre mode automatique de votre appareil. Et vous comprenez à présent qu’en ayant le contrôle de votre appareil, vous pourrez affiner vos réglages et donc avoir de meilleurs résultats.

Les différents modes

Comment jouer avec ces 3 paramètres ? Nous allons devoir sortir du mode automatique et des modes « scène » qui sont pourtant vendus avec l’appareil à grand renfort de pub. (Les 40 programmes allant des feux d’artifice au paysage en passant par la photo derrière une vitrine sont souvent mis en avant lors des ventes d’appareils photo). Personnellement, je n’utilise jamais ces options car il suffit de comprendre un minimum ce qu’il y a derrière ces modes pour savoir comment s’en passer et comment faire mieux.

Je vous laisse regarder la molette pour sélectionner les programmes et vous aller voir 3 lettres qui seront les modes que nous utiliserons : A S M ! Il ne suffit que de ceux-là ! (Certains parlent des modes PASM, mais je n’ai personnellement jamais utilisé le mode P, donc je n’en parlerai pas ici.)

Different mode photography PASM

Que font tous ces modes ? Voyons chacun d’entre eux plus précisément !

Introduction Mode A photography Mode A

A pour « aperture » ou ouverture. Nous allons pouvoir modifier l’ouverture de notre diaphragme pour modifier la zone de netteté. Comme dit précédemment : plus le chiffre est PETIT, plus le diaphragme est OUVERT ; plus le chiffre est GRAND, plus le diaphragme est FERMÉ. Nous choisissons donc ici la distance que nous voulons nette. Pour faire du portrait, on essayera de mettre le chiffre le plus petit possible (pour avoir le fond le plus flou possible). En revanche pour les paysage, nous mettront ce chiffre, non pas le plus grand possible, mais aux alentours de f/13 (ce qui donne une plage de netteté de plusieurs dizaine de mètres et permettant ainsi d’avoir une bonne partie de la scène bien nette).

Dans ce mode, l’appareil photo calculera le temps d’exposition nécessaire pour que la photo soit correctement exposée. Il est possible de modifier le type de calcul de l’exposition, cela fait partie des paramètres secondaires dont j’ai parlé au début et sur lesquels je reviendrai plus tard.

Introduction mode S photography Mode S

S pour « speed ». Dans ce cas, c’est l’inverse du mode A. On impose le temps de pose et l’appareil calculera l’ouverture qui permettra de faire rentrer la bonne quantité de lumière pour que la photo soit exposée correctement. On utilise ce mode plutôt dans 2 situations : on souhaite faire des poses un peu longues (pour donner un effet cotonneux à l’eau par exemple, ou photographier un feu d’artifice), il est donc important de donner un temps d’exposition de quelques secondes. À l’inverse, lorsque l’on veut faire des photos sportives, il faut « figer » l’image, donc avoir des temps de pose très courts (sur les circuits automobiles, les temps de pose sont de l’ordre de 1/2000 s.)

Introduction mode M photography Mode M

M pour « manuel ». Ici, on choisit l’ouverture ET le temps d’exposition. C’est utilisé surtout en studio, quand il y a des flashs externes : lors de la prise de vue, une plus grande quantité de lumière rentrera dans l’appareil photo et l’image sera toute blanche (on dit que l’image est « brûlée » ou « cramée »). Il faut donc que le photographe puisse faire ses propres réglages.

Voilà donc la base posée. Oui tout ceci n’était que l’introduction. Je suis conscient qu’il y a beaucoup de nouvelles choses, mais nous y reviendrons tout au long des tutoriaux. À partir de maintenant, nous allons voir comment utiliser ces paramètres pour créer les photos que l’on souhaite et devenir finalement actif face à la photo. Nous rajouterons quelques notions au fur et à mesure qu’elles seront indispensables. Dans le prochain chapitre, nous parlerons de la composition et comment faire en sorte de mettre en valeur le sujet.

 

Merci à Jean-Noël pour la relecture et les corrections!

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